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Tracky vs Sellsy

Deux boussoles dont les aiguilles pointent dans des directions différentes

La plupart des gens qui cherchent une alternative à Sellsy ne cherchent pas un meilleur CRM. Ils regardent une facture. Deux licences alors qu’une seule personne se connecte vraiment. Une ligne « Trésorerie » à 65 € apparue en cours de route. Un module « Marketing » ajouté pour une campagne, jamais retiré depuis. Et une date de renouvellement qui approche, avec la certitude désagréable que si on la rate, c’est reparti pour douze mois.

Cette page compare Sellsy et Tracky sur ce qui se vérifie : le périmètre couvert, les montants affichés, la forme du contrat, et ce qu’il faut prévoir pour sortir ses données. Tous les prix ont été relevés en août 2026 — les grilles bougent, vérifiez-les avant de signer.

Le périmètre, point par point

Sellsy est une suite modulaire éditée depuis La Rochelle : un socle Vente et Facturation, auquel on ajoute Trésorerie et Marketing en options facturées à part. Tracky part d’un abonnement forfaitaire, sans module à la carte : le périmètre s’ouvre par plan — Solo, Pro, Infinity — et pousse au-delà de la gestion commerciale, jusqu’aux sites vitrines et aux noms de domaine. Les boîtes mail, elles, restent une option payante sur les trois plans.

CritèreTrackySellsy
Devis, factures, acomptes, relancesOui, sans quota de création ; relances automatisées dès ProOui
CRM, prospection, pipelinesOuiOui, cœur de l’offre « Vente »
E-facturation (émission et réception)Incluse, sans surcoûtAnnoncée incluse dans tous les plans
Formats réglementairesFactur-X, UBL, CIIFactur-X, UBL, CII
Dépôts sur la plateforme agréée, par moisSolo 250 · Pro 1 000 · Infinity illimitéAucun plafond publié
Export comptableFEC au format légal et journauxFEC et CSV, JSON/PARQUET en option
API publiqueOui, avec clés d’APIOui, REST v2 en OAuth2, quotas élevés
Suivi du temps, notes de fraisOuiOui
Gestion de stockOui, avec mouvementsOui, avec numéros de série
Trésorerie et rapprochement bancaireInclusOption facturée 65 à 159 €/mois
Emailing et prospection sortantePrise de contact et séquences dès Pro ; SMS, WhatsApp et Messenger sur InfinityOption Marketing, 49 à 119 €/mois selon les sources
Signature électronique des devisIncluseIncluse, avec quota : 50, 200 ou 500 par an
Sites vitrines et noms de domaineInclus ; domaines au prix coûtant sur Infinity, commission de 7 €/an sur Solo et Pro—
Boîtes mail professionnellesOption, 5 € HT/mois par boîte, sur les trois plans—
Portail clientInclus—
Planning d’équipeInclus dès Solo (3 collaborateurs)—
Congés, export de paieInclus dès Pro—
Projets, tâches, visioProjets et tâches dès Solo ; visio sur Infinity—
Sièges minimum12 sur tous les plans
EngagementMensuel ou annuel12 mois sur tous les plans
Essai gratuit14 jours, sans carte bancaire ; dépôts sur la plateforme agréée inactifs pendant l’essai15 jours, sans carte bancaire

« — » signifie : rien trouvé dans les sources publiques consultées en août 2026. Ce n’est pas une preuve d’absence, c’est une invitation à demander confirmation par écrit.

Les prix, sans arrondi

Tracky, par abonnement, quel que soit le nombre de personnes dans la limite du plan :

PlanPar moisPar an
Solo (1 utilisateur)19,99 €199,90 €
Pro (plafond de 5 sièges)49,99 €499,90 €
Infinity (sièges illimités)150 €1 500 €

Essai de 14 jours sans carte bancaire ; payé à l’année, l’abonnement revient à dix mois. Solo est prévu pour une seule personne. Pro s’arrête à cinq sièges, plafond appliqué côté serveur : on ne le repousse pas en achetant un siège de plus, on bascule sur Infinity, seul plan à sièges illimités — facturés 5 € HT par mois et par siège, dès le premier. Deux postes se paient à part, sur les trois plans : les boîtes mail professionnelles, à 5 € HT/mois par boîte, et les noms de domaine, au prix coûtant sur Infinity mais avec une commission de 7 €/an sur Solo et Pro. Détail sur la page tarifs.

Sellsy, en euros HT, par utilisateur et par mois, avec deux licences minimum et engagement de douze mois sur tous les plans. Suite Vente et Facturation, tarif normal :

PlanPayé à l’annéePayé au mois
Standard49 €59 €
Evolution89 €107 €
Elite119 €143 €

Les modules pris séparément descendent plus bas : Vente seule à 29 / 49 / 79 €, Facturation seule à 39 / 59 / 79 €. Les options Trésorerie (65 à 159 €/mois) et Marketing s’ajoutent au forfait, en plus des licences.

Le calcul qui compte est celui du ticket d’entrée. Deux licences Standard au tarif annuel : 49 € × 2 × 12 = 1 176 € HT par an, même si une seule personne s’en sert. Une campagne « Réforme Facturation Électronique » a ramené la première année à 39 €/licence, soit 39 € × 2 × 12 = 936 € HT, avec une validité affichée jusqu’au 31 juillet 2026 — donc échue au moment de ce relevé. Ce type d’offre revient : demandez-la, mais calculez sur vingt-quatre mois, puisque la remise ne porte que sur la première année.

Deux façons de facturer un logiciel

C’est la différence la plus structurante, et elle n’a rien à voir avec les fonctionnalités.

Sellsy facture des sièges. Chaque personne ajoutée coûte le prix du plan, sans remise de volume publiée, et le plancher de deux licences est contractuel. Pour un indépendant ou une société à associé unique, cela revient à payer le double de ce qu’on utilise. C’est le premier reproche des utilisateurs : Capterra note le rapport qualité-prix à 3,6/5, la plus basse des sous-notes, loin de la note globale de 4,2/5 sur 67 avis.

Tracky facture un abonnement. Solo couvre une personne ; Pro monte jusqu’à cinq sièges pour 49,99 €/mois — un plafond ferme, pas un seuil qu’on repousse à l’unité ; Infinity ouvre les sièges en illimité, à 5 € HT/mois par siège dès le premier. Une équipe de cinq change de plan une fois ; chez un éditeur au siège, elle multiplie sa facture par cinq. Même écart de logique que dans le comparatif Tracky vs Axonaut.

Douze mois fermes, et ce que ça implique

Sellsy ne propose pas de formule mensuelle sans engagement. Les CGV en vigueur au 16 octobre 2023 fixent une durée de douze mois, et l’article 9.2.1 est explicite sur la sortie anticipée : le client « reconnaît devoir néanmoins exécuter l’ensemble de ses obligations et payer le prix convenu pour l’Abonnement en cours », sans remboursement ni avoir « pour une utilisation partielle du Logiciel ». Le paiement mensuel n’est pas une souplesse : une version antérieure des conditions le conditionne à un engagement d’un an, prélevé par carte à la commande.

Un point mérite vérification au cas par cas : les CGV publiées n’organisent pas de tacite reconduction — la souscription prend fin au dernier jour de la durée à défaut de renouvellement demandé. Or de nombreux avis clients décrivent l’inverse, avec des refus de résiliation hors délai. Faites écrire noir sur blanc la date limite de dénonciation et la règle de reconduction avant de signer.

Chez Tracky, l’essai dure 14 jours sans carte bancaire, et les tarifs mensuels et annuels sont affichés côte à côte.

L’e-facturation : deux routes, une même conformité

Les deux outils sont prêts pour l’échéance, mais pas par le même chemin.

Sellsy est immatriculée plateforme agréée — le nouveau nom des PDP depuis juillet 2025 — et gère l’émission, la réception, l’e-reporting et l’accès Peppol sans passer par un tiers. Les sources tierces s’accordent à dire que c’est inclus dans tous les plans sans surcoût, mais la page officielle ne l’écrit pas explicitement, et aucun plafond de transmissions par palier n’est publié alors que tous les autres quotas le sont. À faire confirmer par écrit.

Chez Tracky, la transmission passe par Iopole, plateforme agréée. Le raccordement est inclus, sans surcoût. Les formats Factur-X, UBL et CII sont générés, transmis et reçus. Si le sujet vous est flou, le guide des PDP explique le rôle de ces plateformes, et la checklist de passage liste ce qu’il faut avoir réglé avant l’échéance.

Un point de grille mérite d’être posé à plat, parce qu’il se lit souvent de travers. Chez Tracky, la création de devis, de factures et d’avoirs est illimitée sur tous les plans. Ce qui est plafonné, ce sont les dépôts sur la plateforme agréée, mois par mois : 250 sur Solo, 1 000 sur Pro, illimité sur Infinity, et zéro pendant l’essai. À l’approche du plafond, Tracky prévient et propose le plan au-dessus ; il ne bloque jamais l’émission d’une facture. Le forfait Iopole étant mutualisé, ces transmissions ne se paient pas à l’unité — là où beaucoup d’outils facturent le document envoyé. Et une facture remise en main propre n’entame pas le compteur.

Ce zéro pendant l’essai mérite d’être expliqué plutôt que découvert. Transmettre suppose d’inscrire votre marque auprès de la plateforme agréée : identité du dirigeant, mandat, publication à l’annuaire — une démarche facturée 5 € HT à l’unité, qui demande quelques jours et qui ne s’engage donc qu’une fois l’abonnement pris. C’est une contrainte de la réforme, la même pour tout le monde. Pendant les quatorze jours, tout le reste tourne : création des devis, des factures et des avoirs, génération des Factur-X, envoi par e-mail, exports comptables.

Sur le fond, l’écart tient au modèle : Sellsy porte le statut lui-même, ce qui simplifie la chaîne contractuelle ; Tracky s’appuie sur un opérateur immatriculé, donc remplaçable. Les deux tiennent debout.

Migrer depuis Sellsy

Sellsy exporte beaucoup, et plutôt bien : depuis chaque liste (clients, prospects, devis, factures, fournisseurs), un bouton « Actions » sort un CSV ou un PDF reprenant les colonnes affichées, filtres compris. L’export comptable couvre cinq journaux — ventes, achats, trésorerie, opérations diverses, caisse — en CSV, en FEC, et même en JSON et PARQUET via l’option « Export avancé ». Une API REST v2 en OAuth2 permet une extraction programmatique, avec des quotas de 50 000 à 432 000 requêtes par jour selon le plan. C’est au-dessus de la moyenne du segment.

Quatre pièges méritent d’être anticipés.

Les droits. Un utilisateur non-administrateur ne peut rien exporter tant que son profil de privilèges n’a pas été modifié. À régler avant, pas pendant.

Les PDF ne sont pas dans l’export standard. Les listes sortent les données tabulaires ; récupérer les PDF relève d’une procédure distincte. Deux chantiers, donc, et le risque de partir avec les métadonnées sans les pièces justificatives.

Les pré-requis comptables. Pour les journaux ventes et achats, les documents doivent être « comptabilisés » ; pour la trésorerie, les paiements doivent être « remis en banque ». Ce qui n’a pas franchi ces étapes ne sort pas.

La fenêtre de sortie. C’est le point dur. Les CGV préviennent que Sellsy « ne conserve pas le Contenu du Client indéfiniment » et que « Le Client s’engage par conséquent à exporter lui-même ses données ». Passé la fin de l’abonnement, vous pouvez demander une réouverture dans les 90 jours — mais l’accès n’est alors ouvert que sept jours, en mode compte d’essai, et uniquement en CSV. Au-delà, la restitution se fait « à titre onéreux », à un tarif non publié. Les données sont supprimées dix-huit mois après la fin de l’abonnement.

Ce qui ne part pas, enfin : historique de connexion, historique de création et de modification des objets, imports, ouvertures d’emails, logs de rapprochement bancaire — hors périmètre standard, sur devis. La piste d’audit reste chez l’éditeur. Prévoyez un export complet avant la date de fin.

Quand Sellsy reste le meilleur choix

Il y a des situations où changer coûterait plus que rester, et il vaut mieux le dire.

Si vous avez une équipe commerciale constituée, avec plusieurs pipelines, des profils de droits fins et beaucoup de champs personnalisés, le plan Elite lève toutes les limites (pipelines, champs, stockage, catalogue) et Sellsy est nativement construit pour ça.

Si votre équipe data veut du JSON et du PARQUET sur tous les exports, ou si vos volumes d’API se comptent en centaines de milliers de requêtes par jour, c’est rare à ce niveau de gamme. Tracky expose bien une API publique avec clés, mais ni ces formats ni ces plafonds de requêtes. L’export FEC au format légal et les journaux comptables, en revanche, ne départagent pas les deux outils : Tracky les produit aussi. À noter : Sellsy fait de la pré-comptabilité, pas de la comptabilité générale — le bilan et les liasses restent chez l’expert-comptable, comme expliqué dans Tracky vs Pennylane.

Si vous gérez des numéros de série ou des abonnements récurrents complexes, ou si vous envoyez des dizaines de milliers d’emails marketing par an (30 000 à 300 000 crédits selon le plan), le périmètre est là. La gestion de stock, elle, n’est pas un point de bascule : Tracky la couvre aussi, mouvements compris.

Si vous voulez un seul contrat pour la conformité, sans opérateur tiers dans la chaîne, le statut de plateforme agréée porté en propre est défendable — surtout face à un service juridique qui préfère un interlocuteur unique.

Enfin, gestionnaire de compte dédié et support téléphonique sont proposés à partir d’Evolution. Le support francophone est la meilleure sous-note de Sellsy sur Capterra, à 4,0/5.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser Sellsy seul, en freelance ? Techniquement oui, économiquement non : le minimum de deux licences est contractuel sur tous les plans. Vous payez deux sièges pour une personne, soit 1 176 € HT par an au tarif Standard annuel.

Sellsy est-il sans engagement ? Non. Douze mois sur tous les plans, y compris en paiement mensuel. La résiliation anticipée n’ouvre droit à aucun remboursement pour la période restante.

Sellsy est-il une plateforme agréée pour la facture électronique ? Oui, Sellsy est immatriculée plateforme agréée — l’ancien sigle était PDP. Chez Tracky, la transmission passe par Iopole, plateforme agréée. Le raccordement est inclus, sans surcoût.

Les modules Trésorerie et Marketing sont-ils compris dans l’abonnement Sellsy ? Non, ce sont des options au forfait mensuel, en plus des licences : 65 à 159 €/mois pour Trésorerie, 49 à 119 €/mois pour Marketing selon les sources.

Comment récupérer mes données avant de partir ? Exportez liste par liste en CSV, sortez les PDF via la procédure dédiée, et lancez l’export comptable après avoir comptabilisé vos documents. Faites-le avant la fin de l’abonnement : ensuite, la réouverture ne dure que sept jours et se limite au CSV.

Tracky gère-t-il aussi le site web et les emails professionnels ? Les sites vitrines et les noms de domaine font partie de l’abonnement, aux côtés du CRM, des devis, des factures, des projets et du portail client — les domaines au prix coûtant sur Infinity, avec une commission de 7 €/an sur Solo et Pro. Les boîtes mail professionnelles ne sont incluses dans aucun plan : c’est une option à la carte, 5 € HT/mois par boîte, sur les trois plans. Détail sur la page produit.

Combien coûte un utilisateur en plus chez Tracky ? Cela dépend du plan, et aucun siège à l’unité ne permet de franchir un plafond. Solo est prévu pour une seule personne. Pro couvre jusqu’à cinq sièges pour 49,99 €/mois, plafond appliqué côté serveur. Au-delà, on passe sur Infinity : 150 €/mois, sièges illimités, facturés 5 € HT par mois et par siège dès le premier.

Y a-t-il une limite au nombre de factures créées chez Tracky ? Non. Devis, factures et avoirs sont illimités sur tous les plans. Seuls les dépôts mensuels sur la plateforme agréée sont plafonnés : 250 sur Solo, 1 000 sur Pro, illimité sur Infinity — et zéro pendant l’essai, le temps du raccordement de votre marque, qui demande quelques jours.

En résumé

Sellsy est une suite mature, taillée pour une PME française avec une équipe commerciale structurée, prête à s’engager douze mois et à payer par tête. Tracky vise l’indépendant, la TPE et l’agence qui veulent un seul abonnement, un périmètre plus large côté présence en ligne, et une facture qui ne double pas parce qu’un contrat impose deux sièges.

Le meilleur test reste le vôtre : ouvrez un compte, importez trois vrais dossiers, émettez une vraie facture. Quatorze jours suffisent — la transmission vers la plateforme agréée, elle, ne s’active qu’après le raccordement de votre marque, quelques jours après l’abonnement.

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