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Tracky vs Abby

Deux clés en laiton posées côte à côte

Le moment où l’on se pose la question est presque toujours le même. Un micro-entrepreneur utilise Abby depuis deux ans, puis l’activité change de forme : un alternant arrive, un associé demande un accès, l’expert-comptable réclame le fichier des écritures. Trois murs apparaissent d’un coup. Le multi-utilisateurs n’existe que dans l’offre la plus chère, et sans gestion de droits. L’export FEC est réclamé sur le forum officiel depuis le 7 septembre 2024 et n’est toujours pas là. Et récupérer plus de 90 jours d’historique de factures exige un abonnement payant — y compris pour partir.

Cette page compare Abby et Tracky sur ces points-là. Les deux sont français, les deux sont conformes à la réforme de la facturation électronique, et les deux visent des indépendants. Ils ne visent simplement pas le même moment de la vie d’une entreprise. Tarifs relevés en août 2026.

Le périmètre, point par point

FonctionTrackyAbby
Devis, factures, avoirs illimitésOui, sur tous les plansOui, dès l’offre gratuite
Facturation électronique 2026Incluse, sans surcoût — transmission via Iopole, plateforme agrééePlateforme agréée DGFiP, incluse dès 0 €
Dépôts sur la plateforme agréée250/mois sur Solo, 1 000 sur Pro, illimités sur Infinity ; aucun pendant l’essai, le temps du raccordementNon documenté
Formats normésFactur-X, UBL, CII émis et reçusFactur-X mis en avant, UBL et CII annoncés
Export FEC et journaux comptablesOui, au format légalNon — annoncé « à venir » depuis 2024
Signature électronique des devisOui, dès Solo2/mois sur Pro, illimitée sur Business
CRM : leads, prospection, pipelineClients et pipeline dès Solo ; prise de contact, séquences et hub acquisition dès Pro ; prospection IA sur InfinityRépertoire clients ; pipeline non documenté
Projets, tâches, planning, temps passéOui, dès SoloNon documenté
Dépenses et notes de fraisOui, dès SoloLivre des achats
Trésorerie, connexion bancaire et rapprochementOui, dès Solo, sans limite de nombre de comptesDès Pro — un seul compte bancaire
Scan et OCR de justificatifsOui, dès SoloNon documenté
Portail clientOui, dès Solo ; sur votre propre domaine à partir d’InfinityNon documenté
Site vitrine, nom de domaine, boîte mail proSite et DNS inclus ; domaine au prix coûtant sur Infinity, +7 €/an sur Solo et Pro ; boîte mail en option à 5 € HT/mois sur les trois plansNon documenté
Catalogue, stock, commandesCatalogue et stock dès Solo ; boutique et commandes dès ProStocks sur Business ; ni Shopify, ni WooCommerce, ni Etsy
Congés, planning d’équipe, export de paieOui, dès Pro ; transmission automatique de la paie sur InfinityNon documenté
Assistant IA, automatisations, facturation récurrenteOui, dès Pro ; automatisations avancées — webhooks, HTTP, IA — sur InfinityNon documenté
API publiqueOui, clés gérées depuis l’outilREST en Bearer Token, offre requise non documentée
Multi-utilisateurs1 sur Solo ; 5 au maximum sur Pro, plafond dur ; illimité sur Infinity, 5 € HT/mois par siègeBusiness seulement, accès complet non restreignable
Application mobileOuiOui, iOS noté 4,8/5 sur 658 avis
Essai14 jours, sans carte bancaireOffre gratuite illimitée + 14 jours d’essai

Comparatif basé sur les offres publiques, à vérifier côté éditeurs.

Les prix, sans arrondi

Tracky, relevé en août 2026 : Solo à 19,99 €/mois ou 199,90 €/an, pour un seul utilisateur ; Pro à 49,99 €/mois ou 499,90 €/an, jusqu’à cinq sièges — un plafond dur, appliqué côté serveur ; Infinity à 150 €/mois ou 1 500 €/an, sièges illimités, facturés 5 € HT par siège et par mois dès le premier. Essai de 14 jours sans carte bancaire. Les noms de domaine sont au prix coûtant sur Infinity uniquement ; sur Solo et Pro, une commission de 7 €/an s’applique. Les boîtes mail professionnelles ne sont incluses dans aucun plan : c’est une option à la carte, 5 € HT/mois par boîte, sur les trois. Détail sur la page tarifs.

Abby, relevé en août 2026 sur abby.fr/tarifs, en prix hors taxes : Basique à 0 € sans limite de durée ; Start à 9 €/mois, ou 7,20 € en annuel ; Pro à 15 €/mois, ou 12 € en annuel ; Business à 33 €/mois, ou 26,40 € en annuel. La remise de 20 % implique un engagement de douze mois. Même grille pour la micro-entreprise et pour les EI, SARL, SAS, SASU et EURL.

Sur un solo qui n’émet que des devis et des factures, Abby est objectivement moins cher : 0 € couvre déjà l’essentiel. La comparaison devient en revanche impossible dès qu’on veut être plusieurs — le nombre de sièges inclus dans Business n’est documenté nulle part, ni sur la page tarifs, ni dans l’article d’aide dédié, pas plus que le coût d’un siège supplémentaire. Chez Tracky, la règle est écrite noir sur blanc : un utilisateur sur Solo, cinq au maximum sur Pro. Ce plafond ne s’achète pas : on ne prend pas un siège de plus pour passer à six, on bascule sur Infinity, où les sièges deviennent illimités et sont facturés 5 € HT par siège et par mois dès le premier. Un total qui se calcule à l’avance.

La conformité 2026 n’est pas le sujet

C’est là que beaucoup de comparatifs se trompent : sur la réforme, les deux outils tiennent, par deux chemins différents.

Abby est immatriculée Plateforme Agréée par la DGFiP — appellation qui a remplacé « PDP » en juillet 2025. Elle porte donc elle-même l’émission, la réception, l’e-reporting B2B et B2C, l’annuaire et l’archivage à valeur probante sur dix ans. Le fait remarquable : tout cela figure dans le palier à 0 €, là où la plupart des plateformes agréées facturent la conformité. Un écart de dates n’a pas pu être tranché — la page officielle annonce février 2026, plusieurs annuaires tiers le 29 janvier 2026.

Chez Tracky, le chemin passe par un partenaire : la transmission passe par Iopole, plateforme agréée. Le raccordement est inclus, sans surcoût. Factur-X, UBL et CII sont générés, transmis et reçus. L’article PDP : c’est quoi une plateforme de dématérialisation ? détaille ce statut.

Une précision de volume, souvent mal lue : chez Tracky, les devis, les factures et les avoirs sont illimités sur tous les plans, sans aucun quota de création. Ce qui est plafonné, ce sont les dépôts sur la plateforme agréée, c’est-à-dire les transmissions électroniques — 250 par mois sur Solo, 1 000 sur Pro, illimités sur Infinity, et aucun pendant les 14 jours d’essai. Autant le dire franchement : la chaîne e-facturation ne se teste pas en essai. Le raccordement suppose d’inscrire la marque auprès de la plateforme agréée — 5 € HT par marque, identité du dirigeant, mandat, publication à l’annuaire — et cela prend quelques jours. C’est une contrainte de la réforme, la même pour tout le monde, pas une option payante déguisée. Sur les autres modules, l’essai est complet. À l’approche du plafond, Tracky prévient et propose le plan supérieur ; il ne bloque jamais l’émission d’une facture. C’est d’ailleurs plutôt un argument : le forfait Iopole est mutualisé entre les clients, là où beaucoup d’acteurs facturent la transmission à l’unité. Et une facture remise en main propre, hors circuit électronique, n’entame pas le compteur.

Autrement dit, la conformité seule n’est pas une raison de changer d’outil : le calendrier — réception obligatoire au 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entrepreneurs — est tenu des deux côtés.

Sortir ses données : le vrai test

Le chemin est clair côté Abby : Plus, puis Exports, avec un export séparé par type de document. Les formats, eux, posent problème. Factures, devis, bons de commande et avoirs sortent en PDF uniquement, avec cette justification textuelle : « Les exports de documents sont disponibles uniquement au format PDF afin de s’assurer qu’ils ne puissent pas être modifiés. » Le Factur-X existe donc à l’émission, pas à la sortie. Contacts, articles et livres comptables sortent en CSV ou Excel.

Et il y a la limite qui coince : « Les exports des 90 derniers jours sont disponibles avec toutes les versions d’Abby. » Au-delà, l’export des factures et des livres comptables exige un abonnement Pro ou Business. Un utilisateur du plan gratuit qui veut récupérer deux ans d’historique doit donc payer pour accéder à ses propres données.

L’export FEC, lui, n’existe pas. Abby répondait le 10 septembre 2024 sur son forum que « l’export FEC pour votre expert comptable est l’une des fonctionnalités à venir » sur Business, sans date. Vingt-et-un mois plus tard, en juin 2026, le fil est toujours actif et la fonction absente : les ventes se ressaisissent à la main chez le comptable. Chez Tracky, l’export FEC au format légal et les journaux comptables se génèrent depuis l’outil, sans ressaisie.

Reste l’API — docs.abby.fr, REST en Bearer Token, plus un serveur MCP en OAuth 2.0. C’est la seule voie vers des données structurées, mais l’endpoint de téléchargement renvoie là encore un PDF, et l’offre requise pour y accéder n’est documentée nulle part. Tracky expose lui aussi une API publique, avec des clés créées et révoquées depuis l’outil.

Ce que remonte le forum officiel

community.abby.fr est la seule source de verbatims authentiques et datés exploitable : les sites d’avis français en tête de recherche sont majoritairement affiliés, et Trustpilot renvoie une erreur 403. Trois motifs y reviennent.

Les bugs, avec un fil intitulé « Nombreux bugs augmentant considérablement la productivité ». Le cas le plus documenté : la mention SPECIMEN qui reste imprimée sur les factures alors que le mode test est désactivé — au moins cinq fils distincts.

Le support, y compris pour des clients payants : « 96 heures plus tard, je reste sans retour », « impossible de joindre un conseiller ». Un cas du 14 juin 2026 décrit une utilisatrice bloquée depuis mai, incapable de boucler sa comptabilité 2025. Cohérent avec la grille : le support prioritaire est vendu dans l’offre Business — comme chez Tracky, où il figure dans Infinity.

La synchronisation bancaire, avec au moins huit fils : reconnexions à répétition, perte de saisies manuelles, historique limité aux deux derniers mois, incompatibilités citées avec Monabanq, Hello Bank et le CIC — sachant que l’offre Pro ne connecte qu’un seul compte.

S’y ajoute une limite documentée par l’aide officielle : les utilisateurs ajoutés ont « un accès complet à votre espace » et « il n’est pas possible de restreindre leurs accès ».

Migrer depuis Abby

Ce qui se récupère proprement : contacts et articles en CSV ou Excel, réimportables sans ressaisie ; livres de recettes et d’achats, exploitables pour reconstituer un historique de chiffre d’affaires.

Ce qui se ressaisit : tout le reste. Les PDF ne sont pas réinjectables sans OCR ou saisie manuelle, et l’historique de paiement détaillé comme les paramétrages ne sont pas transférables. Abby le reconnaît en sens inverse dans son guide d’import — seuls clients, articles et factures déjà payées sont importables — et recommande de « garder votre ancien logiciel en lecture seule ».

L’ordre à respecter : exporter d’abord, tant que l’abonnement est actif, seul moment où l’historique au-delà de 90 jours est accessible. Résilier ne supprime rien, le compte reste consultable. La suppression suit une séquence imposée — annuler l’abonnement, déconnecter l’Urssaf, supprimer le compte — avec cet avertissement : « Toute suppression de compte est définitive et irréversible. » Le délai de conservation après suppression n’est pas documenté : demandez-le au support avant de cliquer.

Quand Abby reste le meilleur choix

Vous êtes micro-entrepreneur seul, sans expert-comptable. C’est le profil pour lequel Abby a été calibré : livre des recettes, estimation des cotisations, alertes de seuils TVA, franchise en base. L’outil ne fait pas semblant sur ce terrain.

Votre budget est nul. L’offre Basique n’est pas un essai déguisé : devis et factures illimités, livres comptables, sans limite de durée. Y ajouter la conformité 2026 complète à 0 € est une position que peu d’acteurs tiennent.

Vous télédéclarez à l’Urssaf depuis l’application. Le partenariat Urssaf officiel, dès l’offre Start, et l’Avance Immédiate de Crédit d’impôt pour les services à la personne sont des intégrations que très peu de concurrents proposent.

Vous travaillez surtout depuis votre téléphone. Abby est ouvertement mobile-first, avec une application iOS notée 4,8/5 sur 658 évaluations.

Dans ces quatre cas, la bonne question n’est pas « faut-il partir ? » mais « où sont mes données le jour où je partirai ? ». Exportez une fois par trimestre pendant que c’est gratuit. Si votre besoin est d’abord comptable et déclaratif, voyez aussi Tracky vs Indy et Tracky vs Freebe.

Questions fréquentes

Abby est-il vraiment gratuit ? Oui. L’offre Basique est à 0 € sans limite de durée ni carte bancaire : devis et factures illimités, livres de recettes et d’achats, estimation des cotisations, alertes de seuils TVA, facturation électronique conforme.

Abby est-il une plateforme agréée pour la facturation électronique 2026 ? Oui : émission, réception, e-reporting B2B et B2C, annuaire et archivage dix ans, inclus dès l’offre gratuite. La date d’immatriculation varie selon les sources — février 2026 côté Abby, 29 janvier 2026 sur plusieurs annuaires tiers.

Peut-on exporter ses factures d’Abby vers un autre logiciel ? Partiellement. Contacts, articles et livres comptables sortent en CSV ou Excel ; factures, devis et avoirs en PDF uniquement. Au-delà de 90 jours, l’export exige un abonnement Pro ou Business.

Abby propose-t-il un export FEC ? Non à ce jour. Demandé sur le forum officiel depuis septembre 2024, annoncé « à venir » sur Business sans date, toujours absent en juin 2026.

Combien d’utilisateurs peut-on ajouter sur Abby ? Le multi-utilisateurs est réservé à Business. Le nombre de sièges inclus et le coût d’un siège supplémentaire ne sont documentés nulle part, et les utilisateurs ajoutés ont un accès complet, non restreignable.

Abby convient-il à une SARL, une SAS ou une SASU ? La page tarifs affiche ces statuts à la même grille, mais l’outil n’a pas été refait pour eux : pas de comptabilité en partie double, pas de bilan ni de liasse fiscale, pas d’immobilisations, et des formulaires encore orientés personne physique.

Combien d’utilisateurs peut-on avoir sur Tracky ? Solo est mono-utilisateur, à 19,99 €/mois ou 199,90 €/an. Pro monte à cinq sièges au maximum, à 49,99 €/mois ou 499,90 €/an : le plafond est dur et appliqué côté serveur, on n’achète pas un siège de plus pour le dépasser. Au-delà de cinq, c’est Infinity, à 150 €/mois ou 1 500 €/an, en sièges illimités facturés 5 € HT par siège et par mois dès le premier. Tarifs relevés en août 2026.

Les boîtes mail professionnelles sont-elles incluses dans Tracky ? Non, sur aucun plan. C’est une option à la carte, à 5 € HT/mois par boîte, disponible aussi bien sur Solo que sur Pro et Infinity.

Y a-t-il une limite au nombre de factures sur Tracky ? Non : devis, factures et avoirs sont illimités sur tous les plans. Seuls les dépôts sur la plateforme agréée sont plafonnés par mois — 250 sur Solo, 1 000 sur Pro, illimités sur Infinity, et aucun pendant l’essai, le temps du raccordement — et le plafond déclenche une alerte, jamais un blocage d’émission.

Pour conclure

Abby fait très bien une chose : équiper un micro-entrepreneur seul, gratuitement, conformité 2026 comprise. Pour beaucoup, ce sera suffisant longtemps.

Tracky répond à une autre question : que faire quand l’activité déborde de ce cadre — plusieurs personnes avec des rôles distincts, des projets et du temps à suivre, un portail client, un site et un domaine, un catalogue et des commandes, des congés et un export de paie, un export FEC prêt pour le comptable — le tout au même endroit, avec une règle de sièges lisible d’avance. Une précision de lecture, parce qu’elle change le prix : projets, temps, trésorerie, portail client, site et FEC sont là dès Solo ; tout ce qui suppose une équipe — sièges, congés, export de paie, boutique et commandes, automatisations et assistant IA — s’ouvre à partir de Pro. Le tour du produit donne le périmètre exact.

Le test le plus utile avant de choisir reste le même dans les deux cas : essayez d’exporter vos données, et regardez ce qui sort.

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