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Tracky vs Freebe

Deux piles de papier de hauteurs très différentes

Chez la plupart des gens qui cherchent une alternative à Freebe, le déclencheur n’est pas une déception : c’est un changement de situation. Tant que vous êtes micro-entrepreneur seul, Freebe coûte 15 € TTC par mois et fait très bien son travail. Le jour où vous passez en SASU ou en SARL, le même produit — les mêmes fonctions, l’éditeur l’assume — passe à 54 € TTC. Le jour où vous ouvrez une deuxième structure, ce n’est pas un supplément mais un second abonnement plein. Et le jour où vous voulez donner un accès à un associé ou à votre expert-comptable, il n’y a pas de tarif, parce qu’il n’y a pas de fonction.

Cette page compare des faits, pas des intentions. Freebe a un atout que peu de concurrents peuvent revendiquer : un mandat officiel de tiers-déclarant Urssaf, qui permet de déclarer son chiffre d’affaires et de payer ses cotisations sans quitter le tableau de bord. Tracky, lui, répond à une autre question : réunir dans un seul abonnement la relation client, la vente, la facturation électronique, les projets, le suivi du temps et la présence en ligne.

Comparatif établi à partir des offres publiques et des documents contractuels des éditeurs, relevé en août 2026. Les grilles changent — vérifiez à la source avant de décider.

Le périmètre, point par point

SujetTrackyFreebe
Devis et facturesDevis, factures et avoirs illimités sur tous les plans ; signature électronique des devisIllimités, devis acceptable en ligne par le client
E-facturation 2026Incluse via Iopole, plateforme agréée ; Factur-X, UBL, CII générés, transmis et reçusIncluse en « Solution Compatible » adossée à la plateforme agréée SuperPDP ; Factur-X, e-reporting, archivage 10 ans
Dépôts sur la plateforme agréée250/mois sur Solo, 1 000/mois sur Pro, illimités sur Infinity ; aucun pendant l’essai, le temps du raccordement ; création de documents jamais plafonnéeNon chiffré publiquement
UtilisateursSolo : 1 utilisateur. Pro : jusqu’à 5 sièges, plafond dur appliqué côté serveur. Infinity : sièges illimitésMono-utilisateur. Ni collaborateur, ni expert-comptable
Suivi du temps et projetsSuivi du temps, projets, tâches et planning dès Solo ; congés et export de paie dès Pro, transmission automatique de la paie sur InfinityChronomètre, rentabilité par mission, refacturation
Banque et encaissementConnexion bancaire, rapprochement et trésorerie dès Solo, comme le portail client ; stock dès Solo ; boutique et commandes dès Pro450+ banques via Bridge, rapprochement auto, paiement Stripe sans commission éditeur
Achats et comptabilitéFactures fournisseurs, notes de frais, OCR, export FEC au format légal et journaux, dès SoloRegistre des achats, import des factures d’achat
CRM et emailingClients et base de connaissances dès Solo ; prise de contact, séquences et réseaux sociaux dès Pro ; SMS, WhatsApp et Messenger sur Infinity ; boîtes mail pro en option à 5 € HT/mois par boîte, sur les trois plansFiches auto-remplies via INSEE/SIRENE ; emailing hors périmètre documenté
Sites et noms de domaineSites vitrines, domaines et DNS dès Solo ; domaines au prix coûtant sur Infinity, commission de 7 €/an sur Solo et ProHors du périmètre documenté
IntégrationsAPI publique, clés gérées depuis l’outil ; automatisations et assistant IA dès Pro, automatisations avancées — webhooks, HTTP, IA — sur Infinity4 intégrations (Stripe, Bridge ×2, Urssaf) ; pas d’API publique
Application mobileDisponibleRetirée en 2023 ; navigateur mobile uniquement
Essai14 jours, sans carte bancaire30 jours, sans carte, renouvelé par entreprise ajoutée

Les lignes « hors du périmètre documenté » ne sont pas un reproche : Freebe ne prétend être ni un CRM de prospection ni un hébergeur. La question est de savoir combien d’abonnements vous payez à côté.

Les prix, sans arrondi

Freebe, relevé en août 2026 sur la page tarifs — la seule qui fasse foi selon les CGV. Un prix par statut, un seul palier, toutes les fonctions partout. Montants TTC, c’est-à-dire ce qui est débité :

  • Micro-entreprise — 15 €/mois, ou 150 €/an (12,50 €/mois).
  • EI — 30 €/mois (25 € HT), ou 300 €/an.
  • GIE — 20 €/mois (16,67 € HT), ou 200 €/an.
  • Société (SAS, SASU, SARL, EURL) — 54 €/mois (45 € HT), ou 540 €/an.

L’annuel suit partout la même règle : dix mois payés pour douze, soit 150, 300, 200 et 540 € selon le statut. Les montants HT se déduisent du TTC à 20 % de TVA.

Soit un écart de 3,6× entre le micro et la société, pour un produit identique — « 100 % des fonctionnalités, quel que soit ton statut », écrit l’éditeur. Essai de 30 jours, sans carte bancaire.

Tracky, même relevé, août 2026 :

  • Solo — 19,99 €/mois, soit 199,90 €/an. Un seul utilisateur.
  • Pro — 49,99 €/mois, soit 499,90 €/an, jusqu’à 5 sièges. Le plafond est dur, appliqué côté serveur : on n’achète pas de siège en plus pour le dépasser.
  • Infinity — 150 €/mois, soit 1 500 €/an, sièges illimités, facturés 5 € HT/mois par siège dès le premier.
  • Options à la carte. Boîte mail professionnelle : 5 € HT/mois par boîte, sur les trois plans — aucune n’est incluse. Noms de domaine : au prix coûtant sur Infinity, avec une commission de 7 €/an sur Solo et Pro. Essai de 14 jours, sans carte bancaire.
  • Dépôts sur la plateforme agréée : 250 par mois sur Solo, 1 000 sur Pro, illimités sur Infinity, et aucun pendant l’essai. La création de devis, de factures et d’avoirs, elle, n’est jamais plafonnée.
  • Ce qui s’ouvre à quel palier. Devis, factures, avoirs, clients, projets, tâches, temps, planning, trésorerie et rapprochement bancaire, e-facturation, sites, domaines, portail client, notes de frais et OCR sont là dès Solo. Assistant IA, automatisations, boutique et commandes, séquences de prise de contact, réseaux sociaux, congés, export de paie, chat natif et facturation récurrente s’ouvrent à partir de Pro. SMS, WhatsApp, visio, marque blanche, portail sur domaine propre et automatisations avancées sont réservés à Infinity.

Pour un micro-entrepreneur seul, Freebe est moins cher : 150 €/an contre 199,90 €. La comparaison s’inverse dès que le statut change, puisque le tarif Freebe suit la forme juridique quand celui de Tracky suit le nombre de personnes. Le détail est sur la page tarifs ; et si le statut est justement ce que vous arbitrez, notre article micro-entreprise ou EURL prend le sujet par l’autre bout.

Un point contractuel à lire avant de signer : la page tarifs affiche « sans engagement, résiliable en 1 clic », mais les CGV listent deux formules absentes de la page publique, 2 ans et 3 ans, qui « ne sont jamais remboursées, quelle qu’en soit la raison ». Tous les abonnements sont à reconduction tacite et « réglés par avance, en principe non remboursables ».

Un abonnement par entreprise, jamais par siège

C’est la différence structurante, et elle ne se négocie pas. Chez Freebe, l’unité de facturation n’est pas l’utilisateur mais l’entreprise. Un même compte peut en gérer plusieurs, mais chaque entreprise ajoutée déclenche son propre essai puis son propre abonnement plein : deux sociétés, c’est 108 € TTC par mois.

Symétriquement, la notion de siège n’existe pas — ni second utilisateur, ni accès expert-comptable ; une recherche « expert-comptable » dans leur centre d’aide ne renvoie aucun article. Ce n’est pas une lacune à combler, c’est le modèle. Chez Tracky, l’abonnement suit le nombre de personnes, pas la forme juridique. Pour une alternative avec plan gratuit permanent, voyez Tracky vs Indy.

« Solution Compatible » : ce que ça change pour 2026

Freebe communique fortement sur la réforme, et sa conformité est réelle — mais elle est empruntée, ce que l’éditeur écrit lui-même : « Freebe figure sur cette liste officielle des Solution Compatible mais pas de PA ». Le partenaire agréé est SuperPDP, avec une vérification d’identité opérée par Datakeen à l’activation. Sont annoncés inclus sans surcoût : génération du Factur-X, transmission par le canal certifié, suivi de statut, archivage 10 ans et e-reporting vers la DGFiP. C’est complet. La nuance est la dépendance : la responsabilité réglementaire et la désignation à l’annuaire reposent sur un tiers, et c’est aussi ce qu’il faut reprendre le jour où l’on part. Attention, plusieurs comparateurs affirment encore que Freebe est une plateforme agréée : c’est faux, selon Freebe elle-même.

Chez Tracky, la transmission passe par Iopole, plateforme agréée. Le raccordement est inclus, sans surcoût. Les formats Factur-X, UBL et CII sont générés, transmis et reçus. La mécanique est de même nature, et c’est normal : c’est ainsi que la réforme est conçue. Si le vocabulaire reste flou, notre article sur ce qu’est une plateforme de dématérialisation remet les rôles en place.

Une précision utile pour comparer : ce qui est compté chez Tracky n’est pas le nombre de factures créées — devis, factures et avoirs sont illimités partout — mais le nombre de dépôts sur la plateforme agréée. À l’approche du plafond mensuel, l’outil prévient et propose le plan supérieur ; il ne bloque jamais l’émission d’une facture. C’est un forfait de transmission mutualisé, là où beaucoup d’outils facturent le dépôt à l’unité. Et une facture remise en main propre ne passe pas par la plateforme : elle n’entame pas le compteur.

Une réserve à connaître avant de lancer l’essai : pendant les 14 jours, le quota de dépôts est à zéro, donc la chaîne de transmission ne se teste pas. Le raccordement suppose d’inscrire la marque auprès de la plateforme agréée — 5 € HT par marque, identité du dirigeant, mandat, publication à l’annuaire — et cela demande quelques jours. C’est la mécanique de la réforme, identique chez tous les éditeurs qui passent par un partenaire agréé ; le reste du produit, lui, s’essaie sans restriction.

Un détail qui compte : leur documentation réglementaire est approximative — la date du 1ᵉʳ septembre 2026 y apparaît trois fois écrite « 01/06/09 », et le nom du partenaire est orthographié de trois façons. Sur un sujet où l’amende annoncée est de 250 € par opération non reportée, cela invite à vérifier plutôt qu’à faire confiance.

Migrer depuis Freebe

L’export existe, il est gratuit et en libre-service : Paramètres, bouton « Exports », au choix l’ensemble du compte ou un module ciblé, le fichier se récupérant dans l’onglet « Historique ». Beaucoup de concurrents n’offrent pas ça.

Ce qui se récupère. Clients et fournisseurs en CSV, transactions, livre des recettes et registre des achats en CSV, XLS, JSON et PDF, temps passé en CSV, documents en PDF. Utile aussi : à l’expiration de l’essai sans souscription, les documents déjà générés restent téléchargeables.

Ce qui se ressaisit, ou se vérifie. Le suivi du temps ne s’exporte qu’en bloc filtré par année, ni par client ni par mission — leur aide le dit. Aucun export FEC n’est documenté et aucun accès comptable n’existe, ce qui complique la reprise par un cabinet au-delà du CSV brut — Tracky, de son côté, sort le FEC au format légal accompagné des journaux. Aucun export de masse au format Factur-X n’est documenté non plus, alors que le format est généré pour l’e-invoicing : à tester avant de partir. Et sans API publique, pas de reprise automatisée.

Deux frictions. La suppression du compte passe par le support, alors que la résiliation se fait seule depuis le portail Stripe, avec effet en fin de période. Et la demande de portabilité RGPD exige d’envoyer au DPO une pièce d’identité et une attestation de vigilance Urssaf, ce qui est pour le moins atypique.

On sort donc de Freebe librement, mais on récupère des tableurs, pas une comptabilité portable. Exportez tant que l’abonnement est actif, jamais après ; notre checklist de passage à l’e-facturation donne l’ordre des opérations.

Quand Freebe reste le meilleur choix

Si votre priorité est la déclaration Urssaf. C’est l’argument le plus fort de Freebe et le plus difficile à répliquer : un mandat officiel de tiers-déclarant permet de déclarer le chiffre d’affaires et de payer les cotisations depuis le tableau de bord, avec calcul automatique et suivi des seuils de franchise TVA et des plafonds micro. Si c’est le geste qui vous coûte le plus cher en temps chaque trimestre, ce seul point peut trancher.

Si vous êtes micro-entrepreneur, seul, en prestation de services. À 150 €/an, sur le cœur de cible pour lequel l’outil a été conçu, le rapport qualité-prix est difficile à prendre en défaut. Le bon outil est celui dont vous utilisez les fonctions.

Si votre facturation vit au rythme des heures. Le time-tracking est natif et abouti : chronomètre, saisie par plage, affectation à une prestation, rentabilité par mission, refacturation et envoi du relevé au client. C’est ce que les avis citent le plus souvent comme différenciateur. Tracky suit lui aussi le temps et l’affecte aux projets : la différence n’est pas la présence de la fonction, mais le degré de finition de la chaîne heures → relevé client.

Si vous pilotez depuis votre banque. 450 banques et néobanques via Bridge, rapprochement automatique des encaissements aux factures et jusqu’aux commissions de paiement. Là encore, la fonction existe des deux côtés — Tracky synchronise les comptes, catégorise les mouvements et rapproche les encaissements dès Solo ; ce qui se compare, c’est la largeur du catalogue de banques et la finesse du rapprochement, pas la présence de la brique.

Sachez en revanche ce que Freebe refuse : les statuts LMNP, SCI, association, micro-BA, SA, intermittent et activités réglementées ne sont pas gérés, l’inscription exige un SIRET déjà actif, et les besoins d’artisan — devis avec matériaux, TVA multi-taux, situations de travaux — ne sont pas dans le produit. Côté reproches, deux reviennent avec constance, y compris chez des designers qui sont pourtant le cœur de cible : une personnalisation des documents jugée trop pauvre, et des bugs ponctuels dont certains touchent des calculs sensibles, la TVA notamment.

Questions fréquentes

Freebe est-il une plateforme agréée (ex-PDP) ?

Non. Freebe se déclare « Solution Compatible adossée à une Plateforme Agréée », le partenaire agréé étant SuperPDP. L’intégration est incluse sans surcoût, mais la responsabilité réglementaire et la désignation à l’annuaire reposent sur ce partenaire.

Freebe est-il vraiment gratuit pour les auto-entrepreneurs ?

Non. Une page SEO de leur site annonce un outil « gratuit pour les auto-entrepreneurs », « inclus dans l’offre à 0 € », alors que la page tarifs facture le micro 15 € TTC par mois après 30 jours d’essai. Leurs CGV tranchent : « seuls les tarifs et durées indiqués sur cette page prévalent ».

Combien coûte Freebe pour une SASU ou une SARL ?

54 € TTC par mois (45 € HT), ou 540 € TTC par an, relevé en août 2026 — pour un produit fonctionnellement identique à l’offre micro à 15 € TTC. Les sociétés ne sont acceptées que depuis octobre 2024.

Peut-on être plusieurs sur Freebe, ou donner un accès à son expert-comptable ?

Non, dans les deux cas : ni offre multi-utilisateurs, ni accès collaborateur, ni accès expert-comptable. L’unité de facturation est l’entreprise, pas le siège, donc une seconde entreprise déclenche un second abonnement plein. Chez Tracky, Solo est mono-utilisateur, Pro couvre jusqu’à 5 sièges — un plafond dur, appliqué côté serveur, qu’aucun siège supplémentaire ne permet de dépasser — et au-delà de cinq personnes on passe sur Infinity, dont les sièges sont illimités et facturés 5 € HT/mois chacun dès le premier.

Freebe a-t-il une application mobile ?

Plus depuis 2023. Leur FAQ le dit : « Freebe est disponible 100 % sur le navigateur d’un smartphone mais l’application mobile n’est plus disponible depuis 2023. » C’est une fonction retirée, pas jamais livrée — certains comparateurs affirment pourtant encore qu’elle existe. Tracky dispose d’une application mobile.

Peut-on récupérer ses données en quittant Freebe ?

Oui, en libre-service et gratuitement, via Paramètres puis « Exports », en CSV, XLS, JSON ou PDF. Limites connues : le suivi du temps ne s’exporte qu’à l’année entière, aucun export FEC ni lot Factur-X n’est documenté, il n’y a pas d’API, et la suppression effective du compte passe par le support.

En résumé

Freebe est un bon outil pour ce qu’il est : l’assistant d’un micro-entrepreneur seul, avec une déclaration Urssaf réellement intégrée, un time-tracking abouti et une synchro bancaire large. Ses limites ne sont pas des oublis, ce sont des choix : un utilisateur, une entreprise par abonnement, un tarif indexé sur la forme juridique et une conformité 2026 empruntée à un partenaire.

Tracky réunit au même endroit la vente, la facturation électronique, les projets et la présence en ligne, avec un tarif indexé sur le nombre de personnes plutôt que sur le statut. Si votre activité tient encore dans un seul écran de facturation, restez où vous êtes. Si elle déborde, les 14 jours d’essai se lancent sans carte bancaire.

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